
Le mardi 22 janvier 2008 restera une date clé dans la tournée européenne du Président de la République Islamique du Pakistan, M. Pervez Musharraf.
En effet, après un premier entretien avec le Président français Nicolas Sarkozy, puis avec les journalistes français, M. Musharraf a tenu à rencontrer la communauté pakistanaise de France.
Dans la grande salle du Pavillon Dauphine où il est attendu par près de cinq cents convives privilégiés, l’arrivée du Président est saluée par une « standing-ovation ». C’est alors qu’est entamé l’hymne national, très solennel, suivi par les mots de bienvenues de son Excellence Mme Asma ANISA, Ambassadrice du Pakistan en France.
M. Musharraf prend alors la parole pour un long monologue qui se veut rassurant, et durant lequel il va aborder différents sujets tous liés aux questions que se posent actuellement les pakistanais et pakistanaises de France.
Il commence par évoquer le sujet épineux mais au combien reflet d’un bilan positif depuis son arrivée au pouvoir, à savoir l’économie qui en plein essor : en effet la croissance du Pakistan depuis 2003 est en progression de +7% par an. Ce qui, fait rare selon le Président, place le Pakistan dans une liste très restreinte de pays émergents qui côtoient les supers puissances occidentales.
D’un autre côté, poursuit-il, certains points négatifs se doivent d’être améliorés au plus vite pour le confort de tous les citoyens : il mène sans relâche avec son gouvernement un projet d’accès à l’eau potable, au gaz ainsi qu’à l’électricité dans les zones rurales du Pakistan.
Ce n’est sans oublier les secteurs de l’éducation et la santé pour lesquels il a une grande estime, car venant lui-même d’un milieu dans lequel il a du tout apprendre seul. Son gouvernement mettra donc l’accent sur l’ouverture d’écoles et d’hôpitaux accessibles aux habitants des villages. En parallèle, il a tenu à informer l’auditoire d’une bonne nouvelle résultant de son entretien avec le Président Sarkozy, qui est la signature d’un protocole entre les Ministères de l’éducation respectifs portant sur l’inauguration future d’une université française au Pakistan. Cette université unique en son genre délivrera les mêmes diplômes que ceux obtenus en Europe.
Au-delà de cela, l’amélioration des infrastructures est essentielle telles que la construction d’autoroutes reliant le nord et le sud du Pakistan. Se devant de rentrer dans le détail de ce chantier, un membre du public l’interpelle sur le rôle des femmes dans la société. Ce qui permet à M. Musharraf de rebondir et réaffirmer que les femmes n’ont jamais été autant présentes au sein du parlement qu’aujourd’hui – 78 sièges sur 278 (22%), soit une fierté nationale puisque fait rare y compris dans les pays occidentaux.
Les femmes au sein de la société pakistanaise sont également très présentes dans les professions de direction (vices présidentes d’universités, présidente de la State Bank of Pakistan, DG d’Unilever Pakistan), mais aussi en tant que représentantes de l’image du Pakistan à l’étranger. Car là encore M. Musharraf se félicite d’avoir placé pas moins de 9 ambassadrices du Pakistan dans 9 pays de l’Europe !
Le Président n’aurait pas pu finir son discours sans évoquer les sujets qui font l’actualité : le nucléaire et l’assassinat de Benazir Bhutto.
Le premier point a donc fait l’objet d’une phrase courte et sans équivoque : selon le chef de l’Etat pakistanais, l’accès aux dispositions nucléaires n’est pas possible et est restreint à un groupe spécial de l’armée pakistanaise. Il s’agit avant tout d’un argument de dissuasion.
L’occasion pour lui de souligner le parfait professionnalisme des membres de son gouvernement et d’en arriver au sujet controversé de la démocratie : s’il souhaite en faire de son mandat un leitmotiv, les malheureux récents évènements ne plaident pourtant pas en sa faveur. C’est certainement pour cette raison que M. Musharraf est obligé de rappeler fermement que ni lui, ni son gouvernement, ni les services secrets ne sont impliqués dans l’attentat qui coûta la vie à Mme Bhutto le 28 décembre dernier.
Et pour renforcer ses propos, il s’appuie sur les rapports officiels de Scotland Yard ainsi que ceux des commissaires européens dont des français. Pour autant et en guise d’hommage à Mme Bhutto, conclut-il, le processus de mise en place d’une démocratie stable au Pakistan ne peut pas s’arrêter au jour du 28 décembre 2007. Les élections législatives de février seront la preuve que le peuple pakistanais veut construire son futur.
Avant de repartir, ses paroles s’adressent directement aux pakistanaises et pakistanais présents dans la salle, à qui il rappelle leur rôle fondamental de véhiculeur d’une image positive du Pakistan en France. « Vous êtes ici, tout à chacun les ambassadeurs de votre pays d’origine ; ne l’oubliez pas ! ».
Un dernier salut et le Président Musharraf, raccompagné par les hauts diplomates prend la direction vers ses appartements, quand, dans le même temps des partisans scandent « Vive Musharraf ! ».
On regrettera toutefois, qu’au terme de ce long discours, le Chef d’Etat pakistanais n’ait pas abordé plus en profondeur les sujets pointilleux de l’Etat d’urgence ou les relations avec les Etats-Unis ainsi que la lutte anti-terroriste.
D’autre part, la tant attendue conférence de presse interactive avec le public n’a finalement pas eu lieu, ce qui laisse un goût amer aux nombreux présents dans la salle, y compris les journalistes.
Note : à la suite de la conférence au Pavillon Dauphine, le président Musharraf a donné son unique interview télévisée sur la chaîne France24. L’intégralité de cette interview TV passée inaperçue se trouve sur le site de France24, en cliquant ici :
A Paris, le 23/01/2008.
A.H, pour le Centre Culturel Franco Pakistanais.
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